614
3 Juin (SÉNAT)
DÉBATS PARLEMENTAIRES
Je ne dirai pas répandre, mais tenter de répandre que la Chine, avec ses 250 millions d'habitants, son influence sur nos intérêts, est un pays avec lequel il est essentiel de réduire les tensions.
Je désire adresser une question à M. le ministre des affaires étrangères qui a bien voulu l'accepter.
Permettez-moi de vous indiquer sur quels points j'entends surtout la faire porter.
Les bruits auxquels je viens de faire allusion, les rumeurs alarmantes répandues dans les journaux, ont été récoltés un peu partout.
J'ai été frappé de la diversité d'origine de ces nouvelles à sensation.
Il y a, vous ne l'ignorez pas, un certain nombre de journaux étrangers qui sont toujours heureux d'enregistrer, de commenter, d'augmenter, si ce n'est même d'inventer des nouvelles inquiétantes pour nous, défavorables et nuisibles à nos entreprises.
M. le comte de Saint Vallier. Chez quelques-uns de ces journaux, c'est un véritable parti pris, notamment chez quelques feuilles anglaises qui, à toute occasion, sous tous les régimes, non pas seulement aujourd'hui, mais chaque fois que la France tente une entreprise coloniale ou extérieure, ont cherché à l'effrayer sur les dangers qui allaient la menacer.
C'est un courant de ce genre, peu sérieux, et reposant sur rien de solide, que nous rencontrons à l'heure actuelle dans un trop grand nombre de journaux, qui ont eu le tort de recueillir et de reproduire des nouvelles à sensation, des nouvelles alarmantes de toute nature.
J'ai entendu annoncer l'évacuation de la ville de Hanoï par nos troupes.
On a représenté sous le jour le plus faux, sous les couleurs les plus contraires à la réalité, la situation, l'organisation véritables de l'empire chinois.
Il faut réagir contre tous ces faits.
Il s'est fait aussi une sorte de légende au sujet d'un traité dont il a déjà été parlé ici, du traité négocié par M. Bourée, sans le connaître, sans en savoir les termes.
M. Buffet. Nous ne le connaissons pas.
M. le comte de Saint Vallier. Et ces affirmations ont été telles que, pour ma part, j'en ai été fort ému et qu'aussitôt élu membre de votre commission pour l'examen de la demande de crédit, j'ai pressé M. le ministre des affaires étrangères de nous communiquer le texte de ce traité.
Le ministre a déféré à cette demande, et, après examen, la commission a estimé qu'il y avait des clauses inacceptables.
M. le président. N'interrompez pas, messieurs.
M. le comte de Saint-Vallier. Vous êtes un peu impatients, messieurs, permettez-moi de continuer.
Un des objets qu'avait en vue la commission était de réclamer cette communication devant le Sénat.
Notre agent à Pékin avait consenti à certaines conditions qui ont amené la France au Tonkin, sauf une zone à délimiter qui devait amener son rappel.
Nous avons pu déjà donner l'ordre de départ à certaines troupes ; de plus, nous avons l'espérance qu'avant la fin du mois de juin, le Chasseur et les transports qu'il porte seront arrivés au Tonkin.
Au commencement du mois de juillet, il y aura sur les lieux des forces imposantes, suffisantes, nous l'espérons, pour parer à toute éventualité et même pour mener à bien l'entreprise que nous avons commencée.
Je comprends, dis-je, que des esprits sincères désirent savoir à quoi s'en tenir ; je comprends qu'ils sollicitent et qu'ils attendent du Gouvernement une explication.
En terminant, messieurs, qu'il me soit permis de rappeler les derniers mots du discours qu'il y a deux mois et demi j'ai prononcé ici sur cette même question du Tonkin.
Un malheur cruel est arrivé, messieurs ; une vaillante petite troupe placée dans une situation qui fixait sur elle depuis quinze mois tous les yeux et tous les cœurs a été mutilée.
Ces braves ont péri, selon toute vraisemblance, dans une embuscade.
Notre politique au Tonkin n'a pas été seulement mauvaise, elle a été hésitante, irréfléchie, incohérente, marquée par de continuels changements et les résolutions les plus contradictoires.
Je ne puis plus dire maintenant au Gouvernement, comme le 13 mars dernier : « Agissez promptement, ou retirez nos troupes ! »
Ce coup nous atteignant à une pareille heure, dans un moment où nous nous occupions, vous savez avec quelle ardeur, des affaires du Tonkin, a produit et devait produire une profonde émotion.
Il n'était pas fait pour ébranler notre confiance dans le succès et le succès prochain de notre juste entreprise.
M. le comte de Tréverret. La curiosité est bien légitime en pareille matière.
M. le comte de Saint Vallier. Le ministre a fait connaître ce traité à la commission.
M. le vicomte de Lorgeril. Nous ne le connaissons pas.
M. le président. N'interrompez pas, monsieur de Lorgeril.
M. le comte de Saint-Vallier. Je viens demander ce que vous réclamez, je viens en demander la production.
Je cite ce fait pour vous montrer le développement pris par ce courant de fausses nouvelles.
Je crois que le Gouvernement peut donner quelques explications, quelques indications de nature à faire tomber ces rumeurs alarmantes et à rassurer l'opinion.
Ce qu'on a le plus exploité pour tenter d'alarmer, c'est la prétendue déclaration d'une guerre avec la Chine.
On a annoncé que des troupes chinoises embarqueraient pour le Tonkin.
Je viens dire : « Agissez, et agissez vigoureusement et sans perdre une heure ; pas de demi-mesures, pas de dispositions insuffisantes ; prenez toutes les mesures nécessaires. »
Nous espérons, messieurs, que les forces déjà envoyées suffiront ; si elles ne suffisent pas, nous n'hésiterions pas à venir vous demander les moyens de faire un nouvel effort.
Nous avons la certitude que vous ne les refuseriez pas.
Il y a des heures où toutes les divisions tombent, où toutes les volontés s'unissent dans un même sentiment, celui d'un devoir patriotique à accomplir.
M. le président. La parole est à M. le ministre des affaires étrangères.
M. Challemel Lacour, ministre des affaires étrangères. Messieurs, le jour même où a été voté définitivement le projet de loi sur le Tonkin, le Gouvernement, en présence de la nouvelle douloureuse qui venait de lui parvenir, avait un devoir impérieux à remplir.
Il devait hâter le plus possible l'exécution de la loi et prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection de nos troupes.
Je réponds à la question qui m'a été posée par M. le comte de Saint-Vallier ; c'est celle qui concerne nos relations avec la Chine et le traité que nous n'avons pas accepté.
Quoique les deux Chambres soient indépendantes et séparées, elles ne sont cependant pas à ce point que ce qui se dit devant l'une d'elles soit ignoré de l'autre.
Vous savez, messieurs, que plusieurs navires ont déjà appareillé, emportant un nombre considérable d'hommes.
Le ministre avait demandé au rapporteur de n'en pas citer les clauses à la tribune.
Aujourd'hui, en présence de l'émotion qui s'est produite, j'ai demandé à M. le ministre des affaires étrangères s'il croyait toujours nécessaire de maintenir le secret sur ces clauses.
Le second point à remarquer, c'est qu'il n'y a jamais eu de traité, c'est qu'il n'y a pas eu même de convention proprement dite.
Il y a eu des pourparlers prolongés qui ont abouti à un projet d'arrangement sur des bases vaguement esquissées et qui ont été, présentées au Gouvernement sous des formes diverses et peu concordantes entre elles.
Il a été stipulé, en premier lieu, que les troupes chinoises qui se trouvaient au Tonkin se retireraient vers le nord, dans leurs provinces respectives.
M. Bourée a entamé ces négociations sous l'empire d'une pensée que nous considérons comme très exagérée : c'est qu'à cette époque, c'est-à-dire en octobre et en novembre 1882, une guerre entre la Chine et la France au sujet du Tonkin était imminente, inévitable.
C'est cette espèce de memorandum qui, dans une série de paragraphes numérotés, contenait les différentes conditions de l'arrangement qui avait été discuté et à peu près convenu entre notre ministre à Pékin et le vice-roi de Pé-Tchi-Li.
L'exposé de ces conditions ne présentait d'ailleurs aucune précision ; il était mêlé de considérations, de discussions, de justifications qui n'étaient pas de nature à la rendre plus claire.
On pouvait en dégager trois ou quatre conditions qui, toutes, nous paraissaient alors, et qui, à l'heure où nous sommes, après ce que nous savons, nous paraissent encore inacceptables.
Nous n'avions aucune vue d'annexion sur le Yunnan.
Da quel droit la Chine nous demandait-elle une pareille déclaration ? En quelle obligation avions-nous de la lui faire ?
Quoi qu'il en soit, les troupes chinoises se sont retirées du Tonkin.
Année 1883
DÉBATS PARLEMENTAIRES
237
645
3 Juin [SÉNAT]
...
Page 646
...
Page 647
...
Page 648
...
Page 649
...
Page 650
...
Page 651
...
Page 652
...
Page 653
...
Page 654
...
Page 655
...
Page 656
...
Page 657
...
Page 658
...
Page 659
...
Page 660
...
Page 661
...
Page 662
...
Page 663
...
Page 664
...
Page 665
...
Page 666
...
Page 667
...
Page 668
...
Page 669
...
Page 670
...
Page 671
...
Page 672
...
Page 673
...
Page 674
...
Page 675
...
Page 676
...
Page 677
...
Page 678
...
Page 679
...
Page 680
...
Page 681
...
Page 682
...
Page 683
...
Page 684
...
Page 685
...
Page 686
...
Page 687
...
Page 688
...
Page 689
...
Page 690
...
Page 691
...
Page 692
...
Page 693
...
Page 694
...
Page 695
...
Page 696
...
Page 697
...
Page 698
...
Page 699
...
Page 700
...
614
3 Juin (SÉNAT]
DEBATS PARLEMENTAIRES
dirai pas répandre, mais tenter de répandre | Chine, avec ses 250 millions d'habitants, son Palme days to peys.
h
101
Jero qu'il est essential re réduire c
å leer valeur de démentir ceux qui St Xacts + de réduire à leur proper ior veritable is con÷équences da dosloureux évé nement qui nous a profondement émus, mat dont il aporte de ne pas exagérer la grav.tě
Voilà pourquoi j'ai désiré afresser une question à M. le ministre des affaires étran gères qui a bien voulu l'accepter.
Permettez moi de vous indiquer sur quels points j'entends surtout la faire porter.
Les bruits auxquels je viens de fire allu- sion. les rumeurs alarmantes répandues dans les journaux ont été récoltés un peu parfout. Ost atté les chercher dans des agences lé é- graphiques étrangères, dans des joaruâux éragers à toutes les sources et dans tous les poy..
J'ai 416 frappé de la diversité d'origine de 100ws us note:les à sensation.
Il y a vous ne ignorez pas, un certain 10.ubre de journaux euangers qui sont too- jours heureux d'enregistrer, de commenter. d'augmenter, si ce n'est même d'inventer des no peres inquiétantes pour nous, défavorables et nuisibles à nos entreprises,
. Scholcher, Très bien c'est vrai! M. le comte de Saint Vallier. Chez quelque uus de ces journaux, c'est un véri rable parti pris, notamment chez quelques feuilles anglaises qut, à toute occasion, sour tous les régimes, non pas seulement aujour d'hui, mais chaque fox que la France tenté une entreprire coloniale ou extérieure, ont cherché à l'effrayer sur les dangers qui allaient la mcnacer (Très bien ! très bien! à gauche.)
En un mot, meralears, certains journaux angai- nous traitent un peu ea muest...(Rires aprobarifs sur plusieurs bancs)....... en miveur incon tére, éoard, qui veut se lancer dens des aventures audacieuses et qu'on s'efforce d'arrêter en l'éclairant sur les pèrils de SOD imprudente ten.acve. (Nouvazox rires appro- batite. Très bien ! très bien sur les mêmes bance.)
C'est un courant de co genre, peu sérieux, e reposant sur rien de solde, que nous ren- ontrous à l'heure actuelle dans un trop grand nombre de Los journaux, qui ont eu le tort de recueillir et de reproduire des nouvelles à sen- sation, des nouvelles alarmantes de toute na- ture, à tel point qu'i y a deux jours, dans les rues de Paris, à la faveur d'une liberté fort excessive, à mes yeux, ou d'une singulière longanimité de la poice, j'ai entendu annoncer Péracuation de la vi le dé Hanvï par nos trou- pes.
a m'a dit que l'on avait arrêté le crar; mais on m'a assure aussi que des an- nonces semblables avaient eu lea dans une grande ville de province.
nombre énorme de soldats, comme un pay› ntralvė organisé comme l'Allemagie ou ta France, et pouvant mobiliser le jour au len- evin 50, 60 ou mê ve 100,000 hommes, les transporter sur une flotte et les jeter sur no- -o dats. On a représenté sous le jour le ply. aux, sous les coueurs les plus contraires à la éalité, la situanon, l'organisation véritables e l'empire chinois. Il faut réag r contre tous Lela.
Il s'est fait aussi une sorte de légende au sujet d'un traité dont il a déjà été parlé ici, du traité négocié par M. Boarée, sans le connaitre, sans en savoir les termes. On l'a représenté comme acceptable, satisfaisant, et l'on s'est étonné que le Gouvernement ait re-
usé de le ratifier.
M. Buffet. Nous ne le connaissons pas.
M le comte de Salut Vallier. Et cea af firmations out Ate telles que, poze ma pari, j'en ai été fort ému et qu'aussitôt élu membe de votre commission pour Pexamen de la de mande de crédit. j'ai preszé M. le ministre des affaires étrangères de nous communiquer le texte de ce traité. Le ministre a déféré à cette demande, et, après examen, la comis- sion a extimé qu'il y avait des claures inac coptables; c'est ce que j'ai ou à déclarer ici en son nom... (Interruptions à droite.)
In sénateur à droite. Faites-les connaître l (Protestations à gauche. — Laissez pariert)
M. le président, N'interrompez pas, mes- eisure.
M. le comte de Saint-Vallier, Vous êtes un peu impauents, messieurs, permettez-moi de continuer,
Année 1883
saire cetta discrétion qu'il avait recommandée à la commission.
Je ne croyais pas qu'elle la fùr, edpisu lai Passfaction de trouver la ministre „ans les nômes idées, c'est à dire discozó à faire con. nature au Shost les clauses qui, aux yeur da Goo vernement, avaient paru devoir rendra aceptable le projet de traité dont il s'agu, Un des objets qu'avait en vac était donc de réclamer cette communication devant le Bănat.
Année 1283
DÉBATS PARLEMENTAIRES
237
645
3 Juin [SENAT] agent à Pékin avait consenti et qui a amené, I la France au Tonkin, sauf une zone à délimiter qui devait amener son rappel.
en suivant la frontière chinoise; garantie ré- ciproque de cet état de choses contre toute en. treprise extérieure, »
et, grâce à une coincidence favorable, nous avons pu déjà leur donner l'ordre de départ; de plus, nous avons l'espérance qu'avant la fin de ta moiux environs du 25 juin, le Char et les
Il semblait, messieurs, qu'après ces expli- compages qu'il porte seront arrivés au
cations fa question dut être, au moins pour Tonkin. Au commencement du mois de juillet, prends parfaitement, en présence du tour un temps, suffisamment éclaircie. Mais je com. il y aura sur les lieux des forces imposantes,
nouveau qu'ont pris les événements au Ton- suffisantes, nous l'espérons, pour parer à toute éventualité et même pour mener à bien l'en-kin, des intentions que l'on prête à la Chine, du bruit qui se fait, un peu artificiellement treprise que nous avons commencée. is ques4.00
peut-être, à propos d'une convention que personne, il y a quelques jours, n'eût songé á consentir, je comprends, dis-je, que des esprits sincères désirent savoir à quoi s'en tenir; je comprends qu'ils sollicitent et qu'ils attendent du Gouvernement une explication. Je vais essayer de la donner claire et brève;
En terminant, messieurs, qu'il me soit per. mis de rappeler les derniers roots du discours qu'il y deux mois et demi j'ai prononcé ici sur cette même question du Tankin. En des.
Un malheur cruel est arrivé, messieurs; une vaillante petits troupe placés dans une situa- tion qui fixait sur elle depuis quinze mois tous les yeux et tous les cœurs (Légéres rumeurs à droite), a été mutilée. Un officier de grand mérite, vrai fils de la France par son esprit
cer dant alora de la tribane, je disais au Gog. charmant et par une intrépidité qui défiait le 'espère qu'elle mettra le Sénat à même de
varnement; « Agissez promptement, ou reti- rez nos troupes ! »
Je ne viens, aujourd'hui, ni récriminer l examiner sur qui pèrent les responsabilités dans cette grave affure. Ces responsability peuvent être revendiquées par beaucoup de monde, car les premières remontent à plus da. dix apa, et, depuis lors, tous les gouverne. ments et tous les ministères qui se sont auc. cédé en ont une part,
danger, mais qui, par maiteur, allait quelque- fois jusqu'à l'insouciance, est tombé avec plu-jager et de dire s'il trouve suffisamment justi- sieurs de ses compagaona.
Ces braves ont péri, selon toute vraisem- blance, car nous n'avons pas encore de détails complets sur l'événement, dans une embug- cade, dont les personnes ayant la connais- ance des localités, s'expliquent facilement le succès, et qui seule peut rendre compte du nombre de soldats qui ont succombé, nombre sans proportion avec celui des hommes qui se En effet, notre politique au Tonkin nitrouvaient engagés. Il n'y a aucune in duction pas été reulement mauvaise, elle a ét hà tirer de cet accident, quant au nombre d'en- sitante, irréfléchie, incohérenie, marquée par
nemis qu'ont en face d'eux nos soldats. de continuels changements et les résolation) les plus contradictoires. Voilà la vérité.
Je ne puis plus dire maintenant au Gouver nement, comme le 13 mars dernier: Astir nos troupes on agissez promptement. ■
Ce coup nous atteignant à une pareille heure, dans un moment où nous nous oc. cupions, vous savez avec quelle ardeur, des affaires du Tonkin, a produit et devait pro- caire une profonde émotion; toutefois il n'était pas fait, je ne dis pas pour nous abattre, mais pour ébranler notre confiance dang le succès et le succès prochain de notre juste entreprise; (Très bien très bien à gauche et au centre) il n'était pas fair, dans tou# les cas, pour ébranler notre résolution de la
les mêmes bancs.)
M. le comte de Trévesenc. La curiosité pas, il le fant, à venir deinander an Parlemener à bonne fin. (Nouvelle approbation ar
est bien baureile eu pareille matière.
M. le comte de Saint Vallter. Le minis tro, je le rènète, a fait connaîte ce traité à la cotatnission. (Nouvelles interruptions à droite.) M. le vicomte de Lorgeril. Nous ne le connaissons pas.
M. le président. N'interrompez pas, mon- sieur de Lorgeril.
M. le comte de Safat Vallier. Mais, mes sieurs, je viena demander ce que vous récia- mez, ja viens en demander la production. Que voulez-vous que je fasse de plas? Lais- sez-moi au moins le temps de m'expliquer.
M. le vicomte de Lorgeril prononce qual- quea mots qui ne parviennent pas jusqu'au bureau.
M. le président N'interrompez pas, mon- sieur de Langeril, ou je me verrais obligé de vous rappeler à Fordre.
M. le comte de Saint-Vallier. Ce traité, viena demander au ministra de le pro daire ici.
Ja cite ce fait pour vous montrar le déve.je loppement pris par ce courant de fausses nou- veiles.
Je crois que le Gouvernement peut donner qarques expicions, quelques to cations de Lata e à tatre tomber ces rumeurs atar-
les et å rassurer l'opinion,
Ce qu'on a le plas exploité pour tenter d'alar 7. vlog ve, Fis. Ces te langer d'une gene
a Gone 0
priruté cette guerre case jurk point & ivier, ou mè e come ayset der cún commencement d'exécution On a nonce que des troupes chinores em var porte Celeste Empire
du 213 en vent éma-er nos troupes au Torka.
unes 4: 8
Je viens lui dira: Agissaes, et agissez fer giquement et sans perdre une heure; par de a-mi-aiesures, pas de dispositions ineeli sames; prenez toutes les mesures nécessaint. (Très bient très bien! à gauche) Nhé ment des subsides plas considérables, moyens d'envoyer des renforis en temos uile
Nous espérons, messieurs, que les forces à nos troupes; t'attendez pas pour le farra ta pression des événements ou Pimminen déjà envoyées suffirunt; si elles ne suffisent d'un datger; agresez à l'heure opportant pas, nous u'hésiterions pas, vous pouvez le et montrez que vous avez une volontà décrire, à venir vous demander les moyens de terminés, suivic, de sauvegarder au Tuck fire un nouvel effort. (Très bien ! à gauche.) 'honneur et les intérêts de la France. (None avons la certitude que vous ne les re- bien! très bien! et applaudissements sur u
faseriez pas. Il y a des heures où toutes les divisions tombeut, où toutes les volontés s'u grand nombre de banca.)
nissens dans un même sentiment, celui d'un devoir patriotique à accomplir.
M. le président. La parole est à M. le mi nistre des affaires étrangères.
rétablissement de nos affaires do Tonka.
Il a rempli ca devoir sans perdre un m
ment.
Nous avons besoin, non seulement de votre concours, mais de votre confiance, et si elle nous faisait défaut, si elle venait même à s'af. faiblir, nous vous prierions de ne pas nous la laisser ignorer, de nous l'indiquer, du moins, et je puis vous donner l'assurance que le Gou vernement comprendrait à demi-mot. (Très bien à gauche)
-
hées les deux mesures que nous avons cra devoir prendre celle de rejeter les conditions qui nous étaient proposées, et celle de rappeler l'agent qui les avait consenties.
Je dois, messieurs, appeler d'abord l'atten- tion da Sénat sur deux points qui sont à re marquer le premier, c'est qu'il n'a jamais été demandé par M. Bourée, ni donné par le Gon- vernement à M. Bourée aucune autorisation préalable d'entamer des négociations; il ies a engagées de lui-même, sans instruc- tions, précipitamment, à tel point que, dans les conversations qu'il a eues avec le vice-roi de Pe-tchi-li et dont il nous a rendu compte, ce vice-roi, qui ne parait pas lui-même avoir été bien régulièrement accrédité comme négo- ciateur, a exprimé à M. Bourée le doute qu'il eut les pouvoirs nécessaires pour traiter et qu'il fût autre chose c'est l'expression dont se sert M. Bourée lui-même → qu'un éclai- reur lui-même.
C: résumé, dans sa concision, présentait la convention comme une sorte de succès on, sí vons le voulez, comme un succès véritah'e. Il ne parut pas, en effet, à l'honorable M. Daclerc, mon prédécesseur, que, dans ces termes, elle eat rien d'inconcilable avec les droits que nous ésions décidés à faire valoir, ni qu'elle fût in- compatible avec les projets dont nous pour. suivions la réalisation. Anssi, tout en mainte-
nous
pant avec fermeté et de la manière la plus formelle, les droits que nous tenons du traité de 1874, et, tout en répétant comme n'avons jamais cessé de le faire, que nous n'en voulions nullement aux droits de la Chine quela qu'ils fussent, M. Daclerc donnait à la convention ainsi résumée une approbation phiait à M. Bourée, le 30 décembre. Votre dont vous apprécierez la réserve. 1 télégra- télégramme d'hier m'est parvenu. D'après vos indications sommaires, le projet de traité que vous annoncez se présente dans des condi- tions acceptables.
Les explications, messieurs, arrivèrent à la fin du mois de janvier; et dès la première lecture de la dépêche de M. Bourée qui con- teaait ces explications, au premier coup d'œil, on put s'apercevoir, on s'aperçut que l'exposé sommaire du télégramme du 29 décembre inexacte, fausse, de ce qui s'était passé et n'avait pu donner qu'ane idée incomplète, des conditions que M. Bourée avant acceptées.
Au surplus, cette longue dépêche du 30jan- vier ne présentait pas non plas ces conditions sous une forme précise es positive; et l'an. teur de la dépêche lui même ne sachant trop quel nom donner à Pinstrament qui conte- nait les résultats de ses négociations at deat i envoyait au Gouvernemens communication, s'exprimait ainsi :
M. Bourée a entamé ces négociations sous l'empire d'une pensée que nous considérons comme très exagérén: c'est qu'à cette époane, c'est-à-dire en octobre et en novembre 1882, sujet du Tonkia était imminente, inévitable; la meilleure forme à donner à un arrangement une guerre entre la Chine et la France au
• Après avoir étudié sous toutes sex fices fla pris sur lui, hardiment, librement, sans instructions, sans autorisation, de la con-
quí concilierais les intérêts chinois et fanguis jurer. Rien n'indiquait alors et rien n'a donnégagés dans cette delicate affaire, j'en sais hea de croire depais ce temps, rien n'auto-randam que volci. »
veda à mettre sur le papier l'espèce de meno- rise encore à l'heure qu'il est, à penser qu'un pareil danger füt à craindre, que les détache- mente chinois plus ou moins Dombreux qui avaient pénétré sa Tokin fussent en état de mettre notre petite troupe en échec, et que leur présence dénotât, de la part de la Cine, la résolution de nous déclarer la guerre.
Sur ce point, messieurs, comme sur beau- coup d'autres, il y en a entre notre ministre à d'alors, M. Le Myre de Villers, une diver- Pékin et le gouverneur de la Cochinchine gence d'idée abrolas, divergence sur laquelle je ne me prononce pas et que je me borne à regretter. "(Légères rumeurs à droite.)
C'est cette espèce de memorandum, qui, dans une série de paragraphes namérotas, con- tenait les différentes cundinoas de l'arrange- ment qui avait été fiscuté et à peu près con~ venu entre notre ministre à Pekin et le vice roi de Pé-Tubi Lí, c'est ce projet confus et d'un caractère si mal défini auquel nous n'a- vons pu donner notre approbanon. L'exposé de ces conditione, je le répète. ne présentait considérations, de discussions, de justifications d'ailleurs aucune précisioù; il était mélé de qui n'étaient allement de nature à la rendre plus clair. Cependant, on pouvat en dégager trois ou quatre conditions qui, toutes, je dois le dire, nous parorent alors, et qui, à l'boure où nous sommes, après ce que nous savons,→ nous paraistaient encore inacceptables.
M. Challemel Lacour, ministre des res étrangères. Messieurs, le jour même été vo:é définitivement le projet de loi le Tonkin, le Gouvernement, en présence la nouvelle douloureuse qui venait de l parvenir, avait un devoir impérieux à rempi Il devait hater le plus possible l'exécution
Je réponds
et je demanderai la permis- la loi et prendre immédiatement tooks li mesures nécessaires pour assurer la proconde partie, ssion moi la plus importante, de sion d'entrer dans quelques détails à la se In question qui m'a été posée par M. le comte de Saint-Vallier; c'est celle qui concerne nos relations avec la Chine et le traité que nous n'avons pas accepté. Quoique les deux Cham- Vous savez, messieurs, que plusieurs »
he solent indépendantes es réparées, elles ne vires ont déjà appareillé, emportant de sont cependant pas à ce point que ce qui so bre d'hommes considerable. To cuirassit devant l'une d'elles soit ignoré de l'autre, station sent partis de Quiberon, de Bars, et ce serait vraiment pousser la fiction un peu Corton; un croiseur de premier rang dans quelques semaines, mais on Cheri que de supposer que les paroles pro- second rang dos partir, si je ne me trom Roucées à la tribane de la Chambre des dé-décembre et dont les premières lignes étaient laquelle il serait expressément déclaré que
patés soient non avenues pour le Sénat. en même temp- que le governeur de la est pour cela, messieurs, que je ne m'étals blait inévitable; je crois maintenant danger Annam, et qu'il n'eatrsit nullement dans 10- chinchme vais p envoyer déja au Tucru obligé de reprodu:re devant vous les dea renforts de que quercportance, qui se cations que j'ai données à la Chambre des M. io comte de Saint-Vallier. Veuillez élevés dans les dix derniers jours jusus. Je m'y suis longuement étendu sur hommes comprenant de Paufanterie de 10 otte question; j'ai fait connaitre à la commis. me permettre de terminer.
nae, une batterie complète d'artilerin de la Chambre, j'ai fait connaitre ensuite la commission da Sénat, les conditions de eleurs compagnies de ursil ucs annamiss
ee traite qui n'est pas tout à fait un traité, que Nous pouvons disposer de plusieurs comuns n'avons pas cru devoir accepter, que notre gues qui se troavent à la Nouvelle-Calédes
En le communiquant à la commission, le ministre avait demandé au rapporteur de n'en pas citer les causes à la tribune. C'est pour celo que je ne les ai pas énoncée.
M. le vicomte de Lorgerit, Eh bien ? Plusieurs sénateurs à gauche. Silence! Lais sez parler!
Mais, aujour "bai, en prisence de l'émotion qui s'est prolatte, der ikasses apavoites ré Candoes j'ai demandé à M te unoistre des
On a représenté cet immense empire de la affices étrangères s'it croyait tudjours néces.
I
aujourd'hui rême. Nous avons été izolá
mites, au delà d'une certaine distance, indé- terminée d'ailleurs, et qu'elles se rettreraient à la condition que notre ministre à Pekin écri- rait au gouvernement chinois une feutre dans
Le second point à remarquer, et cette obser- vation pourra étonner quelques personnes, c'est qu'il n'y a jamais en de traité, c'est qu'il n'y a pas eu mèmes de convention proprement dite. Il était stipulé, en premier lieu, que les trou- Il y a eu des poorparlers prolongés qui ont pes chinoises qui se trouvaient au Tonkin so re- abonti à un projet d'arrangement sur des ba. treraient vers le nord, dans leurs provinces res- ses vaguement esquissées et qui ont été prépectives, dont elles ne pourraient dépasser les gentées au Gouvernement sous formes diverses et peu concordantes entre elles.
Aunoncé par un télégramme en date du 5
ainsi conçues: Gaerre avec la Chine sem* écarté après résistance opiniâtre, ce projet de convention a été présenté, le 29 du même mois, dans un autre télégramme, sous la forme d'un résumé très ccncis dont voici la te- neur: Je vous envoie un projet de conven- tion combiné avec le vice roi du Pé-tchi-li, et agréé par le Tsong-ly-Yamen: ouverture du Yunnam; reconnaissance du protectorat de
.w
nous n'avions aucune voe d'aunexion sur
tre pensée de porter la moindre atteinte à la souveraineté territoriale du roi Ta Dat.
Da quel droit la Chine nous demandrit elle une pareille déclaration? ex quofle obligation avions pous de la lui faire? Il est plus fa cile, messieurs, de porer ces questions que d'y répondre. Quoi qu'il en soit, les tronpes chi-
No comments yet.
Private notes are available after approval.